THE DRESS OF DREAMS
Mémoire · Identité · Transmission · Histoire · Imaginaire
The Dress of Dreams explore la construction de l’identité à travers les relations entre histoire individuelle et histoire collective.
À partir de figures féminines, de vêtements, de couleurs et de références historiques, la série interroge les représentations de la « civilisation », les héritages de la colonisation et les différentes formes de transmission qui façonnent notre regard sur nous-mêmes.
Entre mémoire et imagination, les œuvres ouvrent un espace où l’histoire se recompose, où les récits transmis rencontrent les silences, les fragments et les rêves.
SOUS LA ROBE DE LA PRETRESSE, Technique mixte (acrylique & Huiles) sur toile, 150×150cm, 2021
DOWN WITH THE QUEEN, Technique mixte (acrylique & huile) sur toile,146×89cm, 2021
MATRIARCHAL PROTECTION, Technique mixte (acrylique & huile) sur toile,130×110cm, 2022
SANS TITRE, Technique mixte (acrylique & huile) sur toile,150×100cm, 2022
À PROPOS DE LA SÉRIE
THE DRESS OF DREAMS
Mon travail s’intéresse à la notion d’identité. Celle-ci se construit à partir d’une multitude de facteurs, entre histoire individuelle et histoire collective, héritages, transmissions et expériences. Elle peut ainsi être appréhendée à différents niveaux, de l’intime au social, du familial à l’historique.
La série The Dress of Dreams est née d’abord d’une exploration chromatique. Un fond neutre, mystérieux et chargé, accueille progressivement des étoffes aux couleurs vives. Les figures féminines qui les portent apparaissent parfois vêtues, parfois nues. Les vêtements représentés renvoient pourtant à une autre époque : celle où certaines manières de s’habiller étaient présentées comme les signes d’une prétendue « civilisation » et comme la « tenue des hommes et des femmes civilisés ».
À travers ces contrastes et ces contradictions, je cherche à mettre en lumière les représentations caricaturales qui ont participé à façonner notre regard sur nous-mêmes et sur les autres. La notion même de « civilisation » devient alors ambiguë : qui la définit, à partir de quelles références, et selon quels récits ?
Cette question résonne particulièrement dans mon pays, la République démocratique du Congo, et plus largement dans les sociétés africaines marquées par des histoires de domination et de transformation culturelle. Les razzias négrières, la colonisation européenne et la christianisation constituent ici des références historiques importantes. Mais au-delà des faits eux-mêmes, c’est la manière dont ces événements sont transmis, interprétés, enseignés ou parfois effacés qui participe à la construction de notre identité.
Je m’interroge ainsi sur les formes de transmission — l’éducation, la formation, les institutions, les récits historiques, mais aussi la tradition orale — et sur ce qu’elles transmettent autant que sur ce qu’elles choisissent de laisser dans l’ombre.
Cette réflexion rejoint également ma propre histoire familiale. Une partie de cette mémoire m’a été transmise sans archives matérielles ni recherches documentaires : elle semble plutôt avoir circulé par la parole, par les récits, par les silences et peut-être par ce que je ressens comme une forme de mémoire cellulaire transgénérationnelle.
Ces différents modes de transmission participent à ce que je suis aujourd’hui et déterminent, en partie, ma manière de regarder et de créer.
Car la restitution de l’histoire, qu’elle soit individuelle ou collective, comporte toujours une part d’incertitude. Les récits sont fragmentaires, reconstruits, transformés par le temps et par ceux qui les transmettent. Lorsque les références manquent, l’imaginaire vient alors occuper les espaces laissés vacants.
C’est dans cet espace entre mémoire et imagination que se situe The Dress of Dreams.
Le rêve, la fantaisie et l’utopie deviennent alors des moyens de reconstruire ce qui ne peut être restitué avec certitude. Le traitement onirique de la série traduit cette tension entre ce qui a été vécu, ce qui a été transmis et ce que nous imaginons pour pouvoir nous représenter nous-mêmes.
The Dress of Dreams interroge ainsi la manière dont les récits, les vêtements, les images et les mémoires participent à la construction de l’identité — et la manière dont l’imaginaire peut devenir un outil de réappropriation.